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Prescription d'un cure thermale

 
OBJECTIFS pedagogiques
 
 

Connaître les principales indications usuelles et les contre-indications des cures thermales rhumatologiques.

Pouvoir citer trois techniques de soins thermaux en rhumatologie.

Etre capable d’indiquer à un malade trois stations thermales à orientation rhumatologique.

Evaluer le rapport bénéfice/coût d’une cure thermale.

Connaître les modalités de prescription d’une cure thermale.

 
DEFINITION ET PRINCIPE DES SOINS THERMAUX
 
 

65 % des cures thermales actuellement prises en charge par la sécurité sociale concernent les affections de l’appareil locomoteur.

La crénothérapie est l’ensemble des traitements appliqués à un patient pendant son séjour (d’une durée globale de 18 à 21 jours) dans la station thermale située en général au lieu d’émergence de la source thermale. Des mesures réglementaires d’hygiène strictes sont appliquées à l’ensemble de ces eaux thermales et de leurs dérivés (chloration, choc thermique, contrôle bactériologique régulier…).

Dans la plupart des cas, les cures thermales associent une prise en charge de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle associées à un changement de climat, de lieu ou de mode de vie. L’ensemble de la prise en charge effectué en cure thermale comprend donc:

  • les techniques spécifiques d’utilisation des eaux thermales et de ses dérivés (boue ou vapeur) sous forme de douches, bains, de soins en piscine associés ou non à la kiné-balnéothérapie, mais également les enveloppements de boue, les jets de vapeur ou les jets d’eau, (techniques communes avec les soins d’hydrothérapie comme la thalassothérapie (utilisation d’eau de mer, air marin et climat marin) et balnéothérapie en eau du robinet ou eau d’adduction) ; répétition quotidienne des soins pendant trois semaines,
  • les massages et séances de physiothérapie, de kinésithérapie
  • la réadaptation fonctionnelle,
  • le repos physique, mais également des périodes propices à « s’occuper de soi »,
  • la rupture du cadre de vie habituel,
  • l’information et l’éducation du patient en groupe.
 
INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS DES CURES THERMALES.
 
  Indications :

En rhumatologie, les cures thermales s’appliquent à toutes les affections rhumatologiques chroniques ainsi qu’aux séquelles de traumatismes ostéo-articulaires.

L’arthrose, tout particulièrement la gonarthrose, la coxarthrose, l’arthrose digitale mais également les lombalgies, peuvent être une indication à des cures thermales. Les rhumatismes inflammatoires, qu’il s’agisse de la polyarthrite rhumatoïde, de la spondylarthropathie, du rhumatisme psoriasique.

Contre-indications des cures thermales  :

Contre-indications générales :

  • altérations sévères de l’état général, ou des affections débilitantes
  • l’insuffisance cardiaque grave, l’hypertension artérielle labile
  • l’insuffisance veineuse est une contre-indication à la balnéothérapie tout particulièrement en eau chaude,
  • les lésions cutanées non cicatrisées (plaies, escarres, eczéma),
  • les maladies contagieuses ou évolutives.

Contre-indications spécifiques :

  • un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseurs en cours (risque d’infections opportunistes potentiellement sévères)
  • une poussée inflammatoire
 
LES STATIONS THERMALES A ORIENTATION RHUMATOLOGIE
 
 

De nombreuses stations thermales peuvent être proposées et benéficient de l’agrément de la caisse sécurité sociale.

Liste des stations agrées sur le site suivant : http://www.santemagazine.fr/fiches/_rub_therm_liste_maladies_rhumato.HTML.

 
RAPPORT COUT/EFFICACITE – COUT/UTILITE DES CURES THERMALES
 
 
Le principe d’utilisation des eaux thermales reposent sur des propriétés chimiques ou physiques alléguées de ces eaux ; cependant aucun rôle spécifique des boues ou des eaux thermales n’a pu être démontré à ce jour. Qu’il s’agisse d’eaux riches en minéraux ou en oligo-éléments (soufre, dioxyde d’azote), ayant une radio-activité naturelle (Radon), d’eaux chaudes (température entre 35 et 50°) ou des eaux hypertoniques (type bains de boue de la mer morte) ; aucune supériorité d’une eau ou d’une boue par rapport à une autre n’a pu être démontrée.

Le problème principal de la crénothérapie (au même titre que des traitements non médicaments de type orthèses ou rééducation fonctionnelle) est l’évaluation du bénéfice de ces thérapeutiques ; en effet, cette évaluation nécessitent une méthodologie extrêmement sérieuse et difficilement réalisable (comment réaliser un aveugle ou un placebo lors des cures thermales …).

Les études disponibles suggèrent que les cures thermales sont susceptibles d’améliorer les manifestations des affections ostéo-articulares en terme de douleurs (diminution de la consommation en antalgiques ou en anti-inflammatoire) et de « mieux-être du patient », par contre aucune efficacité en terme de prévention de l’évolution structurale de ces maladies n’a été démontrée.

De plus, la place de la crénothérapie est de plus en plus discutée en rhumatologie par rapport aux progrès thérapeutiques (surtout médicamenteux) de la prise en charge de maladies rhumatismales.
 
ASPECT REGLEMENTAIRE DE LA PRESCRIPTION DES CURES THERMALES
 
 

Le médecin traitant ou le rhumatologue prescrit la cure thermale ce qui nécessite de remplir un « questionnaire de prise en charge de cure thermale ». Le médecin inscrit sur la demande l’orientation thérapeutique et le nom de la station conseillée ; ainsi, éventuellement qu’une deuxième orientation en plus de la rhumatologie.

Le malade complète la demande et fournit les justificatifs s’il peut prétendre à des prestations complémentaires (frais de voyage et de séjour) en plus du forfait des soins. Il adresse le dossier à son centre de Sécurité sociale.

L’assurance maladie ne prend en charge que :

  • les frais de soins thermaux à hauteur de 65 %
  • les honoraires de surveillance médicale à hauteur de 70 %.

Pour une minorité des curistes (affection longue durée,  maladie professionnelle ou accident du travail et pour des patients économiquement défavorisés) l’assurance maladie prend en charge une indemnité forfaitaire pour les frais d’hébergement et de transport (restant largement inférieurs aux dépenses réelles du patient)

Pour la plupart des curistes, ¾ des coûts de la cure restent à la charge du patient, tout particulièrement axés sur les frais d’hébergement.

 
Points clés
 
 
  • Aucune vertu thérapeutique propre des eaux et des boues n’a été démontrée
  • La crénothérapie est utile en complément d’autres thérapeutiques ; cependant la cure thermale ne s’impose jamais.
  • L’évaluation de la crénothérapie (rapport coût/efficacité et le rapport coût/utilité) est actuellement insuffisante.
  • Le bénéfice de la crénothérapie en terme de « mieux être global » et d’antalgie (de courte durée) repose essentiellement sur l’ensemble des soins thermaux, mais aussi la répétition quotidienne des soins, le repos physique, le changement de cadre et la prise en charge globale du patient.
  • La prescription de cure thermale repose sur un formulaire spécial adressé à l’assurance maladie
 

 
 
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Objectifs pédagogiques
Définition et principe des soins thermaux
Indications et contre-indications
Les stations thermales à orientation rhumatologie
Rapport Coût/Efficacité – Coût/Utilité des cures thermales
Aspect réglementaire dela préscription des cures thermales

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