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Tuberculose

Objectifs pEdagogiques

ENC

Diagnostiquer une tuberculose thoracique et connaître les localisations extrathoraciques.

Argumenter l'attitude thérapeutique et planifier le suivi du patient.

COFER

Connaître les arguments cliniques, biologiques, radiologiques (standard, scanner et/ou IRM), bactériologiques et histologiques permettant de porter le diagnostic de tuberculose.

Connaître les spécificités cliniques et radiologiques de la tuberculose ostéo-articulaire (mal de Pott, coxalgie et tumeur blanche du genou).

Connaître les complications neurologiques possibles d’une spondylodiscite tuberculeuse ; savoir les rechercher et les prévenir (compressions radiculaires et/ou médullaires).

Connaître l’épidémiologie de la tuberculose.

Connaître les risques de tuberculose au cours des traitements rhumatologiques.

DEfinition

La tuberculose ostéo-articulaire correspond aux localisations osseuses et articulaires de la maladie tuberculeuse.

ÉpidÉmiologie, physiopathologie

La tuberculose ostéo-articulaire représente 3 à 5 % des tuberculoses. Son épidémiologie évolue parallèlement à celle de la tuberculose en général : sa fréquence est en diminution constante dans les pays industrialisés depuis 50 ans. On a cependant pu évoquer une recrudescence de la maladie au cours de la dernière décennie, en particulier dans des populations à risques : immigrés venant de zones d’endémie tuberculeuse, sujets immunodéprimés.

Quand faut-il Évoquer le diagnostic ?

Arguments cliniques

Le syndrome infectieux est discret et peut être absent.

L’altération de l’état général, l’asthénie, l’amaigrissement, les sueurs nocturnes peuvent être très marqués dans les formes tardives. Le terrain favorisant, un antécédent de tuberculose, la notion de contage sont des éléments d’orientation très importants.

Monoarthrite subaiguë ou chronique
Elles affectent le plus souvent le genou ou la hanche. L’évolution est volontiers torpide. Les signes inflammatoires locaux sont discrets ou absents. On parle souvent de « tumeur blanche du genou » ou de « coxalgie » à la hanche. La clinique est superposable à celui d’une monoarthrite subaiguë dans le cadre d’un rhumatisme inflammatoire.

Spondylite ou spondylodiscite (mal de Pott)
On parle de spondylite lorsque l’infection se développe au centre d’un corps vertébral, et de spondylodiscite (mal de Pott) lorsque l’atteinte vertébrale initiale s’étend au disque intervertébral voire à la vertèbre adjacente. Elles affectent, le plus souvent, le rachis dorsal, plus rarement le rachis cervical ou lombaire. Les douleurs, d’intensité modérée, s’aggravent progressivement, parallèlement à l’altération de l’état général. Les compressions neurologiques sont liées à des abcès intra- ou périrachidiens.

Ostéite
Elle siège volontiers à la diaphyse des os longs, sur une phalange, un calcanéum.

L’ostéite est responsable de douleurs, parfois d’un épaississement osseux palpable, ou d’un abcès froid dans les parties molles adjacentes. Des fistules peuvent se voir dans les formes tardives.

Arguments biologiques

L’hémogramme est souvent normal. La VS et la CRP sont modérément élevées le plus souvent, et peuvent être normales.

Arguments d’imagerie

Radiographies
Les signes radiologiques sont souvent tardifs :

  • une spondylite peut prendre l’aspect d’une condensation diffuse du corps vertébral (vertèbre ivoire), d’une lésion ostéolytique d’un corps vertébral, pouvant s’étendre au massif articulaire postérieur ou s’associer à un pincement discal et à des remaniements du corps vertébral adjacent en cas de spondylodiscite ;
  • les ostéites périphériques se présentent comme des lésions ostéolytiques d’aspect nécrotique, parfois associées à une réaction périostée qui peut donner à l’os un aspect soufflé ;
  • l’arthrite peut être très destructrice : aspect dit « en trognon de pomme » à l’épaule.

Scintigraphie au technétium
Il existe presque constamment une hyperfixation de la lésion.

Tomodensitométrie
Elle confirme précocement les lésions osseuses et permet surtout de mettre en évidence une extension du foyer infectieux dans les parties molles, ou un abcès froid.

IRM
Elle fournit les renseignements les plus précoces. Ces images n’ont cependant aucun caractère spécifique de l’origine tuberculeuse de la lésion. L’ IRM permet également de faire un bilan de l’extension de l’infection aux parties molles, et notamment de préciser au mieux les rapports du foyer infectieux avec les structures neurologiques dans les atteintes vertébrales.

Comment faire le diagnostic ?

La preuve bactériologique est la seule preuve formelle de l’infection tuberculeuse.

Dans les arthrites, la simple culture du liquide articulaire est souvent insuffisante, et l’isolement du germe nécessite la réalisation d’une biopsie synoviale (qui a, en outre, l’avantage de permettre un examen histologique).

Dans les spondylodiscites et les ostéites, c’est la biopsie osseuse, ou la ponction d’un abcès froid qui permet l’isolement du germe.

Quel que soit le type de prélèvement, la culture du bacille tuberculeux est longue (de trois à huit semaines). L’examen histologique d’un fragment de biopsie synoviale ou osseuse est alors essentiel au diagnostic, permettant d’éliminer une étiologie tumorale dans les formes osseuses, et orientant vers l’étiologie tuberculeuse en révélant la présence de granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires, associés parfois à une nécrose caséeuse.

La preuve de l’infection tuberculeuse peut être également apportée de façon indirecte par la recherche du bacille de Koch ( BK) sur d’autres prélèvements : expectoration matinale, tubages gastriques, ECBU, etc.

La radiographie pulmonaire peut également fournir des éléments d’orientation, en montrant des séquelles de tuberculose pulmonaire ou pleurale, voire une miliaire tuberculeuse.

L’intérêt de l’intradermoréaction ( IDR) à la tuberculine est très contesté. Elle a cependant une certaine utilité quand elle montre une réaction phlycténulaire, en apportant la preuve d’un contact récent avec le BK. L’ IDR demeure cependant négative dans 5 à 10 % des cas de tuberculose ostéo-articulaire.

Pronostic et surveillance

Le pronostic dépend très largement du stade auquel le diagnostic est effectué, et du terrain sur lequel survient l’infection (recherche d’une immunodépression associée).

Les résistances aux antituberculeux sont exceptionnelles en France ; elles posent de difficiles problèmes thérapeutiques dans d’autres pays (Asie).

Un dépistage doit systématiquement être effectué dans l’entourage du patient, comprenant une IDR et une radiographie pulmonaire.

Traitement

Il repose sur une antibiothérapie antituberculeuse prolongée. Le schéma thérapeutique comporte le plus souvent l’association de 3 antituberculeux (rifampicine, isoniazide et éthambutol), voire 4 antituberculeux (les 3 premiers antibiotiques étant associés au pyrazinamide) pendant les deux premiers mois du traitement, délai nécessaire à l’obtention de l’antibiogramme lorsqu’un germe est mis en évidence ; puis l’association rifampicine-isoniazide est poursuivi seule, jusqu’à un total de 12 à 18 mois.

L’immobilisation d’un foyer rachidien par un corset (ou d’une articulation périphérique par un plâtre fenêtré) permet d’éviter que les déformations ne s’accentuent pendant les premiers mois de traitement.

Le drainage chirurgical d’un abcès froid peut être nécessaire, notamment en cas de compression neurologique.

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire.

Points clés

  • La tuberculose ostéo-articulaire peut toucher le rachis (spondylite et spondylodiscite), les os longs, les os courts et les articulations.
  • L’évolution est insidieuse et les signes cliniques souvent discrets.
  • Les radiographies peuvent être évocatrices, mais pour faire le diagnostic précocement, l’ IRM est l’élément clé.
  • La certitude diagnostique repose sur l’identification de mycobactéries tuberculosis (biopsie synoviale et osseuse). Si la bactérie n’est pas identifiable, la découverte de lésions granulomateuses nécrosantes est évocatrice.
  • Le traitement repose sur l’antibiothérapie prolongée.

 
 
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Comment faire le diagnostic ?
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