53- Connaître et savoir expliquer les gestes à effectuer lors d'un traitement nasal local

Depuis fort longtemps, de nombreux traitements locaux ont été proposés pour les fosses nasales. Le recours à ces traitement locaux varie notablement selon les médecins et les malades, souvent d'après des critères où l'expérience et l'habitude ont une grande part.

Dans tous les cas, la fragilité de la fonction muco-ciliaire de la muqueuse nasale doit être présente à l'esprit. Un traitement nasal se montre habituellement agressif s'il est efficace ; la durée du traitement doit donc être très limitée dans le temps sous peine de le rendre plus nuisible qu'utile.

La multiplicité des traitements ne permet de donner ici que des idées générales.

Plusieurs traitements spécifiques à certaines maladies sont envisagés avec celles-ci.

MOUCHAGE

Il a pour but de libérer les fosses nasales, ce qui peut imposer de se moucher à plusieurs reprises. Le mouchage doit toujours s'effectuer une narine après l'autre pour ne pas traumatiser les oreilles et les sinus.

Le mouchoir en tissu, gardé dans la poche, favorise le développement microbien. Il faut lui préférer le mouchoir en papier résistant à usage unique, surtout en cas de rhume.

Dès l'âge de deux ans, l'enfant peut apprendre à se moucher.

L'hygiène nasale au cours des rhinopharyngites, en particulier chez l'enfant, est un facteur important pour prévenir la diffusion de l'infection.

Le mouchage s'impose avant tout traitement médicamenteux local.

GOUTTES ET PULVERISATIONS NASALES

Plusieurs règles doivent être connues concernant les produits, le véhicule et le mode d'administration.

Ø       Produits
Les topiques avec vasoconstricteurs ne doivent être utilisés :
- en aucun cas chez le nourrisson et le jeune enfant sous forme de naphazoline car on risquerait des accidents syncopaux. En revanche, en milieu hospitalier, on peut utiliser l'adrénaline, par exemple sous forme d'une ampoule de 1 ml d'adrénaline au 1/1 000e dans 20 ml de sérum physiologique tiède.
jamais plus d'une semaine sous peine d'acoutumance provoquant une rhinite médicamenteuse de traitement difficile, ou même une hypertension artérielle en cas d'utilisation prolongée pendant plusieurs mois. Lors de la prescription d'un vasoconstricteur nasal, il importe de toujours avertir le malade de ces risques.
Parmi les antibiotiques, on a recours de préférence aux produits non utilisables par voie générale tels que Néomycine, framycétine. La pénicilline est déconseillée car elle provoque parfois des accidents de sensibilisation.
Les antiseptiques chimiques ont une efficacité incertaine et s'avèrent parfois agressifs.

Ø       Véhicule
Les solutions huileuses (végétales) se montrent sans danger lorsqu'on les prescrit pour une courte durée. Il ne faut pas les utiliser chez les nourrissons. Les solutions isotoniques paraissent très bien tolérées, en pulvérisation ou en gouttes.

Ø       Mode d'administration
Les pulvérisations permettent une meilleure dispersion. Les gouttes doivent être instillées en position latérale, tête basse, pour gagner le méat moyen où débouchent les sinus antérieurs. Introduites par le nez avec la tête penchée en arrière, les gouttes glissent sur le plancher nasal et gagnent le pharynx sans aucune efficacité pour la muqueuse nasale.

Ø       Corticoïdes en pulvérisation
Plusieurs corticoïdes sont commercialisés avec un pulvérisateur nasal. Selon la molécule, la prise est monoquotidienne (Nasocort, Rhinocort, Nasonex, Flixonase) ou biquotidienne (Nasalide, Béconase). Ils sont utilisables chez l'enfant à partir de 6 ans.
Ils peuvent être utilisés à long terme sans risque systémique avec les doses recommandées par l'AMM.
Indications : les rhinites allergiques, saisonnières et perannuelles et la polypose nasosinusienne.

FUMIGATIONS ET AEROSOLS

Ø       Fumigations
Elles sont probablement plus efficaces que les aérosols simples (non soniques) et restent très appréciées par de nombreux malades.
On utilise :
-dans un but antiseptique et décongestionnant : les teintures balsamiques, parfois associées au menthol (proscrit chez le jeune enfant car il risque de provoquer des accidents syncopaux)
dans un but anti-infectieux et trophique : le soufre.
Ø       Aérosols
Les aérosols habituels se déposent au niveau des fosses nasales et ne peuvent pénétrer dans les sinus. Pour qu'ils parviennent dans les cavités sinusiennes, il faut utiliser un appareillage sonique qui facilité la diffusion des particules. Avant une séance de fumigation ou d'aérosol, il importe de pulvériser un vasoconstricteur qui facilite la diffusion des produits.

DETERSION DES FOSSES NASALES

On peut laver les fosses nasales avec des solutions marines pressurisées (Stérimar) qui assurent une bonne détersion. Si l'on souhaite également un effet décongestionnant, il faut de préférence utiliser un produit marin hypertonique (Sinomarin). Ces présentations ont toutefois un coût très élevé.

L'eau salée extrait les liquides des muqueuses congestionnées, ce qui améliore la perméabilité nasale. L'effet osmotique entraîne une action décongestionnante analogue à celle des vasoconstricteurs, mais mieux toléré au long cours.

On peut simplement avoir recours à une solution tamponnée d'eau salée hypertonique. Pour cela, il faut :

-          mettre de l'eau du robinet ou de l'eau minérale (inutile de la faire bouillir) dans un récipient en verre d'environ 1 litre parfaitement lavé ;

-          ajouter deux cuillères à café de gros sel de cuisine (et non du sel fin de table qui contient des additifs indésirables) et une cuillère à café de bicarbonate de soude ;

-          remuer le mélange avant usage et le tiédir (four à micro-ondes, en vérifiant bien qu'il ne soit pas trop chaud). La solution est utilisable pendant une semaine et doit être conservée à la température de la pièce.

Pour appliquer correctement cette solution, il faut :

-          soit une poire à lavage d'oreille, une seringue de 30 ml, ou un hydropulseur dentaire ;

-          soit un flacon nébulisateur pour les jeunes enfants.

Le lavage se fait sur un patient assis ou debout mais non allongé. Chez l'enfant, le lavage peut se faire en position allongée si on le redresse aussitôt.