Trouble aigu de la parole. Dysphonie

III-C. PARALYSIES LARYNGEES BILATERALES

 

 

 

 

 

paralysie laryngée bilatérale

 

 

1. Formes cliniques

La diplégie laryngée peut se présenter sous deux aspects.

·        Diplégie globale

L'atteinte motrice porte à la fois sur les mouvements d'adduction et d'abduction des cordes vocales et elle s'installe le plus souvent en deux temps.

Lorsque les cordes sont fixées en abduction, les troubles phonatoires et les fausses routes alimentaires et salivaires sont au premier plan.

Lorsqu'elles sont fixées en adduction, les troubles respiratoires prédominent (dyspnée).

·        Diplégies dissociées où seule l'abduction est touchée 

C'est la paralysie des dilatateurs de la glotte ou syndrome de Gerhardt.

Le début est rarement brutal sauf dans certaines paralysies traumatiques. Le plus souvent il est progressif, caractérisé par une dyspnée laryngée d'effort puis permanente, même au repos.

A la période d'état, souvent à la suite d'une décompensation brutale, il existe une très importante dyspnée laryngée typique tandis que la phonation est pratiquement normale (dyspnée à voix claire).

La laryngoscopie montre une immobilisation des cordes en position médiane, s'affrontant en phonation, mais ne s'écartant pas en inspiration.

L'examen au miroir laryngé complété éventuellement par une endoscopie et une TDM, écarte une infiltration tumorale ou une sténose sous-glottique.

Plus rarement, se pose le diagnostic d'une myasthénie qui évolue dans un contexte le plus souvent évocateur.

 

2. Diagnostic étiologique

·        Les causes périphériques

Ce sont les mêmes que pour les monoplégies laryngées : traumatisme chirurgical, envahissement tumoral (cancers de l'oesophage cervical, de la trachée cervicale, du corps thyroïde, adénopathies malignes).

·        Les causes centrales

La diplégie laryngée est associée à d'autres atteintes des paires crâniennes ou à des signes neurologiques centraux.

o        Elle peut évoluer sur un mode aigu dans certaines poliomyélites bulbaires, certaines encéphalites, les accidents bulbaires anoxiques ou toxiques.

o        Elle peut évoluer sur un mode progressif : atteintes dégénératives (sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot, état lacunaire ou syringobulbie), malformations de la fosse postérieure d'Arnold Chiari, atteinte tumorale plus rarement.

o        La syphilis donnée jadis pour cause essentielle a perdu ce rôle, bien qu'elle soit de nouveau d'actualité

3. Traitement

Plusieurs interventions ont été proposées visant à rétablir une filière glottique suffisante.

o        chirurgie endoscopique

§        Fixation d'une corde vocale en abduction par voie translaryngée ou extralaryngée (cordopexies).

§        Cordectomie ou aryténoïdectomie (ablation de l'aryténoïde) au laser

Le geste peut être réalisé de manière uni ou bilatérale en fonction de l'importance du rétrécissement de la filière

o        chirurgie par voie externe

§        La trachéotomie constitue une alternative aux procédés endoscopiques et une solution thérapeutique dans l'urgence

§        L'aryténoïdopexie consiste en la fixation latérale de l'aryténoïde

§        L'aryténoïdectomie consiste en l'ablation de l'aryténoïde

   La paralysie d'une corde vocale se traduit par une dysphonie. La paralysie est réversible ou définitive, rarement influencée par le traitement. La dysphonie est en général régressive, par récupération de la paralysie ou par compensation par la corde saine, favorisée par la rééducation orthophonique.

 La paralysie bilatérale des abducteurs (paralysie des dilatateurs de la glotte) se manifeste par une dyspnée laryngée a voix claire. Le traitement palliatif en est chirurgical.