Dysphagie

I. Dysphagie organiques et lésionnelles

 

 

 

 

 

Le diverticule de Zenker

A. Le cancer de l'oesophage

Il constitue la cause la plus fréquente de dysphagie, donc celle qu'il faut éliminer en premier. La dysphagie est d'abord spasmodique donc intermittente puis elle devient permanente, s'aggravant progressivement pour atteindre la déglutition des liquides avec retentissement sur l'état général. Le carcinome de l'œsophage survient chez le sujet éthylo-tabagique ou anémique (syndrome de Plummer Vinson).

B. Les diverticules

§        le diverticule pharyngo-oesophagien de Zenker, facile à reconnaître lorsqu'il est très volumineux, sous la forme d'une tuméfaction latérocervicale, le plus souvent gauche, mollasse et réductible. Il s'agit d'une hernie acquise de la muqueuse hypopharyngée postérieure développées au niveau de la jonction pharyngo-oesophagienne, entre les différentesau-dessus des fibres du sphincter supérieur de l'œsophage dans un hiatus formé par les fibres musculaires du constricteur inférieur du pharynx.

Il peut entraîner un syndrome oesophagien typique avec dysphagie (parfois intermittente ou pouvant aller jusqu'à l'aphagie), La dysphagie est habituellement intermittente suivant le degré de remplissage du diverticule mais des épisodes d'aphagie prolongée en font sa gravité. Les régurgitations (aliments non digérés)doivent faire évoquer le diagnostic de diverticule pharyngo-oesophagien et sialorrhée. Le transit affirme le diagnostic (image d'addition arrondie suspendue rétro-oesophagienne au niveau des premiers centimètres de l'oesophage cervical). Le traitement est chirurgical, au mieux par voie endoscopique, ou par voie externe en cas d'échecexérèse du diverticule et section du muscle cricopharyngien. Le traitement par voie endoscopique est réservé aux sujets très âgés ou fragiles.

§        les rares diverticules aorticobronchiques ou épibronchiques sont dits "de traction" car ils sont généralement dus à l'attraction de la paroi oesophagienne antérieure par des modifications inflammatoires des ganglions au contact, voire à leur fistulisation dans la paroi oesophagienne. Ils sont le plus souvent latents. La dysphagie y est discrète et douloureuse.

C. L'oesophagite peptique

Due à un reflux gastro-œsophagien (souvent secondaire à une hernie hiatale), elle se traduit par une brûlure oesophagienne, parfois associée à une hématémèse entraînant une anémie. Cette oesophagite peut évoluer vers la sténose peptique. La fibroscopie oesophagienne fait le diagnostic : muqueuse érythémateuse, érosive, ulcérée ou présence d'une sténose dans les formes évoluées.

Le traitement fait appel aux mesures hygiéno-diététiques, aux antiacides et pansements oesophagiens. Il faut proscrire les anticholinergiques. Il est quelques fois nécessaire d'avoir recours à la chirurgie (montage anti-reflux).

La sténose oesophagienne après ingestion de produit caustique

Son apparition, signalée par la dysphagie, est tardive par rapport à l'ingestion du caustique.

D. La dysphagie d'origine infectieuse

Elle est dominée par les mycoses (surtout chez les patients immunodéprimés).

F. Les corps étrangers de l'oesophage (cf. corps étrangers)

G. Le diaphragme muqueux du bas oesophage ou anneau de Schatzky :

Membrane de 2 à 4 mm d'épaisseur, bien visible au transit oesophagien, il est également la conséquence d'une hernie hiatale.

Le diagnostic est fait essentiellement lors du transit oesophagien et de la fibroscopie oesophagienne. Le traitement consiste en des dilatations.

H. Les dysphagies avec anémie

§        Le syndrome de Plummer-Vinson associe à la dysphagie, qui est haute et intermittente, une anémie hypochrome microcytaire hyposidérémique, des troubles des phanères, une glossite atrophique et une achlorhydrie gastrique. A l'examen endoscopique, on observe des replis membraneux sur l'oesophage. Un traitement martial est proposé. Une surveillance très précise s'impose car il s'agit là d'un état prénéoplasique.

§        La maladie de Biermer associant dysphagie et glossite.

Elles sont d'origine congénitale chez l'enfant, néoplasique ou traumatique chez l'adulte. Les fistules après intubation prolongée ou trachéotomie sont les plus fréquentes. Les signes respiratoires (toux, fausses routes) accompagnant la dysphagie doivent faire évoquer le diagnostic chez un patient qui a fait un séjour en réanimation.

J. Les dysphagies dues à un organe de voisinage par compression extrinsèque de l'œsophage

Elle constituent un diagnostic d'élimination radiologique :

§        ostéophytose cervicale majeure de la Maladie de Forestier

§        anévrysme de l'aorte, cardiomégalie

§        phlegmon rétropharyngé

§        tumeur médiastinale, lymphome

§        goitre thyroïdien

Maladie de Forestier