Adénopathie superficielle : adénopathie et tuméfaction cervicale

I- INTRODUCTION

Les différentes régions du cou (rappel)

1 : Région jugulo-carotidienne
2 : Région sous-mandibulaire et sous-mentonnière (partie médiane)
3 : Région sus-claviculaire (partie inférieure de la région jugulo-carotidienne)
4 : Région spinale (partie supérieure) et trapézienne (partie inférieure)
5 : Région hyoïdienne
6 : Région laryngée
7 : Région thyroïdienne
8 : Région sus-sternale
a) DÉFINITION
Ce sont toutes les tuméfactions développées dans les limites anatomiques ci-dessus dessinées. 
Tous les éléments constituants peuvent en être l'origine, mais c'est le ganglion lymphatique qui est le plus souvent en cause dans les tuméfactions latérales du cou. 
L'essentiel est de ne pas errer en cas d'adénopathie de nature maligne.

b) DIAGNOSTIC POSITIF
Il repose sur le bilan de base qui comprend plusieurs temps :
L'interrogatoire est essentiel, et doit préciser :
Les antécédents
    • radiothérapie dans l'enfance
    • tuberculose, prise de lait cru, fromage frais
    • intervention ayant porté sur la face (cancer) ou le cuir chevelu (mélanome)
Date d'apparition et conditions de survenue
Signes fonctionnels évoquant une lésion primitive dans les voies aérodigestives supérieures : odynophagie, otalgie, dysphagie, dysphonie...
L'âge et le facteur racial doivent être pris en compte : migrants (tuberculose), asiatiques, maghrébins (cancer du cavum).

L'examen clinique recherchera les caractères de cette tuméfaction
L'inspection :
    • état de la peau (cicatrice)
    • ascension à la déglutition (goitre)
La palpation :
    • caractère inflammatoire on non avec recherche de douleur, de rougeur et de chaleur de la peau
    • siège par rapport aux chaînes lymphatiques cervicales
    • consistance ligneuse (cancer), rénitente (kyste), molle (lipome). La dureté d';une adénopathie doit faire évoquer la malignité
    • forme, la perte de la forme oblongue d'une adénopathie est un critère en faveur de son envahissement tumoral.
    • caractère isolé ou multiple, uni ou bilatéralité
    • mobilité par rapport aux plans superficiels et profonds
    • taille caractère battant ou non, expansibilité
L'auscultation si la tumeur est battante, à la recherche d'un souffle.
L'examen général devra rechercher :
    • d'autres ganglions au niveau des territoires axillaires, inguinaux
    • une hépato-splénomégalie
    • des manifestations diverses orientant vers une hémopathie

L'examen ORL et cervico-facial
Eventuellement aidé par nasofibroscopie doit être systématique et complet : VADS, thyroïde.

Des examens paracliniques sont demandés de façon systématique
Ils constituent un bilan minimum :
    • NFS, VS, CRP
    • Radio pulmonaire de face et de profil
    • IDR
    • Echographie cervicale ou TDM cervico thoracique

Autres examens demandés en fonction des données de l'examen clinique et du bilan paraclinique minimum
    • Sérologies (HIV, EBV, toxoplasmose, rubéole, maladie des griffes du chat…)
    • Imagerie par TDM ou IRM
    • Scintigraphie thyroïdienne
    • Angio-IRM ou artériographie (tumeur vasculaire)
    • Myélogramme (hémopathie)
Une panendoscopie associant sous anesthésie générale une exploration pharyngolaryngée et du cavum, une trachéobronchoscopie et une oesophagoscopie sera utile dès que l’on suspecte une adénoapthie d’allure maligne surtout chez un sujet éthylo tabagique.
Deux examens porteront directement sur la tuméfaction
    • La ponction à l'aiguille fine permet d'orienter le diagnostic, en particulier dans le cas d'adénopathie métastatique de carcinome des VADS ou de carcinome papillaire thyroïdien. Elle permet dans les tumeurs fluctuantes de préciser le caractère de la collection liquidienne, de faire un examen bactériologique et cytologique.
    • La cervicotomie exploratrice avec adénectomie (exérèse complète sans effraction capsulaire à l'inverse de la biopsie) et l’examen histologique extemporané permet le diagnostic puisle traitement dans le même temps opératoire.
La rupture capsulaire en effet aggrave le pronostic local et vital dans les carcinomes.

c) DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Il devra éliminer les fausses tuméfactions cervicales qui sont des pièges anatomiques :
    • l'apophyse transverse de l'atlas
    • la saillie du tubercule de Chassaignac (C6)
    • la grande corne de l'os hyoïde
    • le bulbe carotidien athéromateux
    • une ptose de la glande sous-mandibulaire