Pathologie des glandes salivaires

III-a Les tuméfactions non inflammatoires unilatérales : Les tumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Tumeur du pol profond de la parotide

 

Aspect clinique

IRM coupe frontale T1

IRM coupe axiale T2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elles sont en grande majorité des tumeurs de la glande parotide et évoluent sous forme de nodule de la loge parotidienne. Les tumeurs extrasalivaires et les pseudotumeurs sont exceptionnelles.

1. Les tumeurs épithéliales bénignes

a. Les adénomes pléïomorphes ou tumeurs mixtes de la parotide

 

o        Tumeurs parotidiennes les plus fréquentes. Elles représentent plus de 50% des tumeurs parotidiennes et 80% des tumeurs épithéliales bénignes

Elles sont caractérisées sur le plan histologique par la coexistence d'éléments épithéliaux et mésenchymateux (d'où leur nom de tumeur mixte) ; les cellules myoépithéliales paraissent jouer un rôle prédominant dans leur constitution.

Elles s'observent à tout âge, avec un maximum de fréquence entre 30 et 60 ans, sans prédominance de sexe.

Elles siègent le plus souvent dans le lobe superficiel de la glande ; elles peuvent quelquefois affecter les prolongements antérieur ou profond, posant alors des problèmes diagnostiques avec les tumeurs jugales ou parapharyngées (lobe profond de la parotide).

o        Cliniquement, elles se présentent comme un syndrome tumoral progressif et isolé : une tuméfaction unilatérale de la loge parotidienne, de consistance variable : dureté élastique ou inhomogène, bosselée. Absence de signe fonctionnel, absence d'adénomégalie.

Elles sont souvent remarquées fortuitement, car indolores et de croissance très lente,.

Elles peuvent atteindre des proportions considérables si elles sont négligées par le patient.

La mimique faciale est toujours normale ; l'existence d'une paralysie faciale, même très partielle doit faire réviser le diagnostic de tumeur mixte, ou faire craindre sa dégénérescence maligne.

o        Les examens complémentaires ont deux objectifs :

 

1.      Affirmer le siège intraparotidien de la tumeur :

- L'échographie est suffisante : tumeur parotidienne tissulaire

- La TDM n'a que peu d'intérêt dans les cas typiques ou lorsqu'une IRM est demandée

2.      Approcher la nature bénigne ou maligne et éventuellement le type histologique :

- L'IRM, assez caractéristique, mais non pathognomonique montre un hyposignal en T1, un hypersignal souvent festonné en T2. Elle n'est pas demandée systématiquement. L'IRM de diffusion est en cours d'évaluation.

- La ponction cytologique n'a de valeur que positive. Il lui est reproché le risque d'effraction capsulaire et de lésion du nerf facial. Quel que soit son résultat, l'intervention sera presque toujours proposée.

o        Le traitement est chirurgical. C'est une parotidectomie exploratrice avec repérage, dissection et conservation du nerf facial. Exérèse tumorale sans effraction capsulaire, analyse anatomopathologique extemporanée, en cas de confirmation du diagnostic, parotidectomie totale. Le pronostic est alors tout à fait favorable. Une kinésithérapie faciale est préconisée en cas de déficit post opératoire. L'apparition d'un syndrome de Frey est fréquente.

o        Le risque de récidive locale est dépendant de la qualité de l'exérèse initiale, évalué entre 2 et 4 % après parotidectomie totale ou subtotale. Le risque de cancérisation est très faible, le plus souvent au cours d'une tumeur évoluant depuis plusieurs dizaines d'années ou récidivante. La surveillance doit être prolongée.