Tumeurs de la cavité buccale et des voies aéro-digestives supérieures

 

 

 

Scanner d'un cancer de l'ethmoide

 

 

 

IRM d'une tumeur maligne naso-sinusienne

 

V- CAS PARTICULIERS
   > 2 - Les cancers des fosses nasales et des sinus

Les cancers nasosinusiens sont rares. La multiplicité tissulaire de cette région explique leur grande variété histologique où les carcinomes occupent cependant la première place. Leur diagnostic est difficile. Ils sont peu lymphophiles.
a) Cancer de l'ethmoïde
  • L'épidémiologie en est particulière sur le plan des facteurs prédisposants :
    • Pas d'influence notable de l'intoxication alcoolo-tabagique contrairement aux cancers bucco-pharyngo-laryngés,
    • Importance des facteurs exogènes d'origine professionnelle,
      • profession du bois : l'adénocarcinome ethmoïdal figure au tableau 47 B des maladies professionnelles
      • autres substances : nickel (tableau N° 37ter des maladies professionnelles), nitrosamines, goudrons de houille, amiante...
  • Les signes d'appel
    Syndrome nasal :
    • L'obstruction nasale unilatérale est souvent accompagnée d'une rhinorrhée mucopurulente, éventuellement striée de sang.
    • L'épistaxis, le plus souvent spontanée, unilatérale, répétée, constitue le classique "signal symptôme", survenant sans cause locale ou générale évidentes.
    Syndrome ophtalmologique :
    • Les signes ophtalmologiques sont expliqués par les rapports anatomiques étroits entre les cavités nasosinusiennes et les parois supérieure, interne et inférieure de l'orbite :
      • oedème de la paupière supérieure, dacryocystite,
      • exophtalmie isolée,
      • ptôsis, paralysie oculaire, diplopie,
    Syndrome neurologique :
    • Les douleurs, rares au début, peuvent prendre l'allure d'une véritable névralgie faciale symptomatique.
  • Examen clinique (assuré par le spécialiste)
      • La rhinoscopie antérieure peut montrer une masse bourgeonnante, hémorragique, ou un banal polype réactionnel, unilatéral, cachant une lésion plus haut située : polype sentinelle.
      • L'examen de la cavité buccale, de la face et de la région orbito-oculaire : il peut visualiser une extension.
      • L'examen cervical, à la recherche d'une adénopathie : très rare.
        Cet examen clinique est complété par une endoscopie nasale qui le plus souvent arrive à découvrir la tumeur bourgeonnante dans le méat moyen.
  • Examen clinique (assuré par le spécialiste)
    • La rhinoscopie antérieure peut montrer une masse bourgeonnante, hémorragique, ou un banal polype réactionnel, unilatéral, cachant une lésion plus haut située : polype sentinelle.
    • L'examen de la cavité buccale, de la face et de la région orbito-oculaire : il peut visualiser une extension.
    • L'examen cervical, à la recherche d'une adénopathie : très rare.
    Cet examen clinique est complété par une endoscopie nasale qui le plus souvent arrive à découvrir la tumeur bourgeonnante dans le méat moyen.
  • Diagnostic
    Le diagnostic est posé sur la biopsie par les voies naturelles, la plupart du temps sous contrôle endoscopique. L'examen histologique montrera :
    • un adénocarcinome le plus souvent,
    • beaucoup plus rarement une tumeur nerveuse de la plaque olfactive (esthésioneuroblastome), une tumeur papillaire à potentiel malin (papillome inversé), un mélanome. Ces tumeurs sont sans rapport avec les facteurs de risque professionnel
  • Le bilan d'extension
    Est essentiellement réalisé par la TDM du massif facial en coupes coronales et horizontales permettant de préciser la topographie de la masse et l'extension aux régions voisines (face, orbite, base du crâne et endo-crâne), et l'IRM, visualisant l'extension tumorale dans l'orbite ou dans l'étage antérieur (lobe frontal).
  • L'évolution
    Est essentiellement locorégionale, plus rarement métastatique :
    • locorégionale, vers l'orbite ou l'endocrâne (de mauvais pronostic), la fosse temporozygomatique et la fosse ptérygomaxillaire, les autres sinus, la cavité buccale et la face,
    • évolution ganglionnaire, rare,
    • évolution métastatique dans 20 % des cas (poumon, os, cerveau).
  • Le traitement est radiochirurgical :
    Exérèse large de la tumeur par voie ORL seule ou par voie combinée ORL et neurochirurgicale, associée dans tous les cas à une radiothérapie complémentaire sauf pour certaines formes radiorésistances (mélanome). La chimiothérapie a des indications limitées : tumeurs très étendues, récidives, certaines formes histologiques.
  • Résultats
    Survie à 5 ans de 40 à 50 %
b) Cancer du sinus maxillaire
Favorisé par une infection naso-sinusienne chronique, il apparaît essentiellement chez le sujet âgé.
Il peut se manifester par :
  • Un début algique prédominant ou isolé : douleurs dentaires à type de pulpite, névralgie faciale localisée au nerf sous-orbitaire, avec anesthésie à ce niveau, algie faciale de type vasomotrice : il s'agit donc d'une névralgie faciale symptomatique typique,
  • Un tableau de sinusite maxillaire aiguë ou chronique avec rhinorrhée fétide et hémorragique,
  • Des signes bucco-dentaires : ulcération gingivale hémorragique, bombement alvéolaire,
  • Une tuméfaction de la fosse canine et de la joue.
    Il s'agit d'un carcinome épidermoïde.
    L'examen clinique, le bilan et le traitement sont similaires au cancer de l'ethmoïde. Le pronostic est plus mauvais.
c) Tumeur de la cloison nasale
Elle peut prendre le masque d'une folliculite ou d'une rhinite vestibulaire traînantes.
 
d) Tumeur du sphénoïde
Elle se manifeste volontiers au début par des céphalées profondes ou postérieures, des troubles ophtalmologiques y sont fréquents (proximité de l'apex orbitaire).
 
Toute symptomatologie naso-sinusienne unilatérale trainante (plus de trois semaines) doit faire évoquer une pathologie tumorale et faire pratiquer au minimum une imagerie