Tumeurs de la cavité buccale et des voies aéro-digestives supérieures

 

 

 

 

 

Endoscopie d'un cancer de la corde vocale

Prothèse phonatoire

IV- LES CANCERS DU LARYNX

De fréquence égale à celle du cancer de l'hypopharynx, le cancer du larynx a cependant dans l'ensemble un meilleur pronostic car peu lymphophile dans sa forme localisée à l'étage glottique.
a) Cancer de l'étape glottique
Le tabac est la cause première de ce cancer à prédominance masculine (90%).

Il s'ajoute cependant un autre facteur local important : la laryngite chronique avec dysplasie (état précancéreux), induite ou favorisée par l'irritation tabagique et le malmenage vocal.
Tous les intermédiaires sont possibles entre la dysplasie grave, le cancer in situ et le cancer infiltrant ; cela rend nécessaire la surveillance laryngoscopique attentive de toute laryngite chronique et son contrôle histologique.
Il s'agit la plupart du temps de carcinomes épidermoïdes différenciés.

  • Les signes d'appel
    La dysphonie est le maître symptôme : elle est précoce, progressive, permanente. Elle peut soit être installée récemment, variable dans la journée, soit se manifester par une modification d'une dysphonie pré-existante chez un fumeur porteur d'une laryngite chronique : l'enrouement s'aggrave, ne cède pas au traitement médical mais n'inquiète pas le patient, ce qui assombrit le pronostic.

Tout enrouement apparu ou aggravé depuis plus de 3 semaines

commande un examen laryngoscopique.

    • La dyspnée laryngée est beaucoup plus tardive.
    • La gêne pharyngée ou la dysphagie avec otalgie s'observent dans les formes évoluées.
    • L'adénopathie cervicale est très rare, antérieure
  • Examen clinique
    Cet examen ne peut être fait que par le spécialiste ORL. Examen laryngoscopique indirect au miroir ou fibrolaryngoscopique permettant de visualiser la lésion tumorale glottique.
  • Diagnostic
    L'examen clinique est toujours complété par une laryngoscopie directe en suspension sous anesthésie générale et microscope ou optique. Cet examen permettra le bilan d'extension locorégionale, de poser l'indication thérapeutique, et une biopsie affirmera le diagnostic.
    Le bilan sera complété par une TDM du larynx.
  • Traitement
    • Simple cordectomie ou radiothérapie externe pour un cancer de corde vocale mobile. Le pronostic est excellent : 95 % de survie à 5 ans.
    • Laryngectomie partielle ou totale reconstructive, pour les cancers plus étendus,
    • Laryngectomie totale pour des cancers évolués avec persistance d'un trachéostome définitif entraînant une mutilation vocale (nécessitant un apprentissage de voix oesophagienne ou la mise en place d'une prothèse phonatoire).
      Le pronostic reste encore favorable dans ces deux dernières éventualités (50 % de survie à 5 ans)
b) Cancer sous-glottique
Il est très rare. Son premier signe est la dyspnée laryngée, malheureusement d'apparition tardive. Le traitement est radiochirurgical : laryngectomie totale suivie de radiothérapie. Le pronostic est peu favorable du fait de l'extension fréquente au corps thyroïde, des récidives au niveau trachéal ou de l'envahissement médiastinal du fait de sa lymphophilie (adénopathies récurrentielles).
c) Cancer sus-glottique (bande ventriculaire et épiglotte)
Il s'apparente plus aux cancers hypopharyngés sur le plan épidémiologique, thérapeutique et pronostique. Les signes d'appel sont souvent tardifs, moins évocateurs : gêne pharyngée et dysphagie.
Le traitement est radiochirurgical : laryngectomie totale ou horizontale sus-glottique associée toujours à un évidement ganglionnaire cervical (lymphophilie de ces cancers), complétée par une radiothérapie. Le pronostic est variable entre 30 et 60% de survie à 5 ans.
La dysphonie est le maître symptôme du cancer des cordes vocales.
Les cancers de la corde vocale sont peu lymphophiles
Leur pronostic est très souvent favorable lorsque le diagnostic est précoce.
Dans ce cas, les séquelles fonctionnelles post-chirurgicales sont mineures ou acceptables.