Tumeurs de la cavité buccale et des voies aéro-digestives supérieures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cancer du sinus piriforme

III- LES CANCERS DE L'HYPOPHARYNX

Fréquent et de pronostic grave du fait de son évolution insidieuse et de son caractère lymphophile, le cancer de l'hypopharynx est presque toujours un carcinome épidermoïde bien différencié du sinus piriforme.

L'épidémiologie répond aux règles générales des cancers ORL :  

  • Age : 50 à 60 ans,
  • Sexe : masculin prépondérance (95 % des cas)

 

  • Les signes d'appel sont classiques :
    • gêne pharyngée latéralisée puis dysphagie haute progressive,
    • otalgie réflexe unilatérale,
    • adénopathie cervicale moyenne unilatérale, de caractère métastatique ou quelquefois surinfectée, révélatrice dans le tiers des cas.
    Les caractères permanent, progressif et unilatéral de ces troubles doivent attirer l'attention.
    Plus rarement, et lorsque la tumeur est volumineuse, peuvent s'installer en outre une dysphonie, une dyspnée laryngée par envahissement laryngé ou récurrentiel, une baisse de l'état général avec amaigrissement.
  • L'examen clinique
    L'examen de l'hypopharynx ne pourra que rarement être réalisé par le praticien généraliste : laryngoscopie indirecte au miroir, laryngofibroscopie. Il nécessite en effet chez un malade souvent hyperréflectique, nauséeux, une grande habitude et un matériel adéquat. Il faut donc adresser le malade rapidement à l'ORL qui constatera la tumeur ulcéro-bourgeonnante du sinus piriforme, associée le plus souvent à une immobilité laryngée unilatérale.
  • Le diagnostic
    Sera affirmé par la biopsie qui indiquera la nature maligne de la tumeur : carcinome épidermoïde.
  • Le traitement
    Il est en général radiochirurgical : pharyngectomie ou pharyngolaryngectomie partielle ou totale avec évidement ganglionnaire bilatéral en monobloc ayant comme conséquence un trachéostome et une mutilation vocale.
    Il est toujours complété par une radiothérapie et éventuellement
    une chimiothérapie.
    La radiothérapie seule est peu efficace et n'est utilisée que chez un malade âgé ou au terrain précaire ou en cas de refus de l'intervention.
  • Le pronostic
    Reste grave malgré les progrès thérapeutiques : 20 % de survie à 5 ans.
    Les récidives locales ou ganglionnaires, l'apparition d'une deuxième localisation ou d'une métastase générale grèvent en effet lourdement la survie dans les trois premières années.
Toute gêne pharyngée ou otalgie réflexe unilatérale apparue depuis quelques semaines chez un homme de la cinquantaine doit être tenue pour suspecte d'un cancer du sinus piriforme et doit être adressée sans retard au spécialiste ORL.