INFECTIONS NASO-SINUSIENNES DE L'ENFANT ET DE L'ADULTE

L'OBSTRUCTION NASALE

III- L'OBSTRUCTION NASALE BILATERALE

 

   La cause est située au niveau de l'orifice narinaire

Elle est facile à mettre en évidence par la simple inspection.

  • Si l'obstruction est permanente, cela peut être dû à une luxation du bord antéro-inférieur de la cloison, une atrésie ou une malformation.
    • Le traitement est chirurgical par septoplastie ou septo-rhinoplastie.
  • Si l'obstruction est inspiratoire, notamment à l'effort : elle est due à un collapsus des ailes du nez.
    • Le traitement est également chirurgical.

    La cause est située au niveau des fosses nasales

Elle est visible en rhinoscopie antérieure ou mieux lors d'une endoscopie nasale
Elle peut être due :

  • à la déviation de la cloison nasale (cause mécanique) : traitement chirurgical
  • aux rhinites et rhino-sinusites aiguës
  • aux rhinite inflammatoires, notamment allergiques
  • aux rhinites hypertrophiques médicamenteuses (abus de vasoconstricteurs locaux) de traitement difficile : le traitement médical vasoconstricteur par voie générale est souvent inefficace
  • aux rhinopathies non inflammatoires (rhinites vasomotrices) où la dysrégulation neurovégétative joue un rôle majeur
  • à la polypose nasale, isolée ou entrant dans le cadre plus vaste d'une maladie mucociliaire (maladie des cils immobiles, mucoviscidose). Elle doit faire rechercher systématiquement un asthme associé, une intolérance à l'aspirine.

                        Elle se manifeste par une obstruction nasale importante associée à une rhinorrhée aqueuse et une anosmie précoce (l'anosmie est par ailleurs le témoin de l'évolution du traitement médical de la polypose naso-sinusienne)
                        elle peut s'accompagner d'asthme et entrer dans un cadre plus général du syndrome de Fernand Widal : polypose naso-sinusienne, asthme et intolérance à l'aspirine et aux AINS.

                        Le traitement est avant tout médical : corticothérapie par voie générale en cure courte et par voie locale (corticothérapie en pulvérisations nasales) au long cours
                        En fonction de l'évolution, ce traitement est poursuivi pendant plusieurs années ou une intervention peut être proposée :ethmoïdectomie totale bilatérale sous endoscopie. Une TDM du massif facial est alors indispensable pour préciser les obstacles et les dangers antomiques de cet acte endoscopique. Ce traitement chirurgical permet en outre une plus grande efficacité de la corticothérapie locale pendant plusieurs mois, années, voire à vie pour certains.

  • aux tumeurs malignes naso-sinusiennes à un stade évolué.

    La cause est rétronasale, située à l'orifice choanal ou au niveau du rhinopharynx

Sa mise en évidence est difficile, nécessitant un examen spécialisé :

  • chez le nouveau-né :
    • l'imperforation choanale bilatérale dont le diagnostic doit être fait à la maternité devant une détresse respiratoire et des troubles de la    déglutition. Son dépistage est sytématique lors de la naissance, en glissant sur le plancher des fosses nasales une sonde molle qui    doit être récupérée dans l'oropharynx

En cas de sténose bilatérale, un geste chirurgical s'impose d'urgence.
Une imperforation choanale bilatérale est incompatible avec la vie.

  • chez l'enfant :
    • les végétations adénoïdes (hypertrophie de la tonsille pharyngienne) sont la cause la plus fréquente.
  • chez l'adolescent :
    • le fibrome nasopharyngien ou angiofibrome est une tumeur bénigne saignante évoluant lors de la puberté masculine. Son traitement est chirurgical après embolisation artérielle de la tumeur.
  • chez l'adulte :
    • l'hypertrophie des queues de cornets, témoins de rhinite hypertrophique, peut nécessiter un traitement chirurgical
    • le polype solitaire de Killian est un volumineux polype en bissac prenant son origine au niveau du sinus maxillaire.
  • A tout âge, une tumeur maligne du rhinopharynx doit être suspectée en cas d'obstruction nasale rapidement installée, surtout si elle s'accompagne d'une épistaxis, de signes auditifs (surdité de transmission), ou cervicaux (adénopathie), surtout s'il s'agit d'un sujet asiatique ou nord-africain (épithélioma indifférencié) ou chez un enfant (lymphome malin).