Dossier clinique : 0145 - Auteur : V ALUNNI-PERRET - CHU de Nice

Une jeune fille de 16 ans se présente aux urgences, conduite par la police, pour allégation de viol. L’équipage de police vous explique qu’ils vous la conduisent pour faire les soins nécessaires avec les prélèvements utiles, et que l’auteur présumé des faits est en garde à vue.
 
Sommaire du dossier 0145

Question 1
La jeune fille vous précise être vierge et avoir été violée par un individu de sexe masculin, qui l’aurait suivie et agressée dans un parking isolé. Il ne se serait pas muni de préservatif et la jeune fille, apparemment très choquée, pense qu’il aurait pu éjaculer. Comment allez-vous compléter vos investigations cliniques ?
Question 2
L’examen gynécologique est le suivant (cf image jointe). Décrivez ce que vous constatez.
    Réponse :
    Déchirure hyménale (4)
    hémorragique (1)
    complète ou ( 3)
    atteignant le bord d’insertion vaginal
    Située à 5 heures sur un cadran horaire (1)
    avec hématome ( 2)
    violacé (1 )
    vulvaire gauche ( 1)

    Total des points de la question : 13
Question 3
Quels sont les 2 principaux types de prélèvements médico-légaux que vous allez effectuer en urgence dans le cadre judiciaire ? Détaillez-les.
    Réponse :
    1-Les prélèvements pour réalisation d’empreintes génétiques : (3)
    multiples écouvillons : ( 1)
    vulve, vagin face interne des cuisses, anus, interstices dentaires…nc
    grattage des ongles de la victime (1)
    tâches sur les vêtements (1 )
    faire un prélèvement parallèle de sang de victime pour comparer le matériel génétique et identifier de l’ADN étranger (1)

    2-Les prélèvements pour recherche de prise de toxiques (3)
    (dans le cadre d’une éventuelle soumission chimique) :
    prélèvement sanguin et urinaire (2)
    avec l’accord de la victime (2)

    Total des points de la question : 14
Question 4
La police souhaite que vous lui remettiez les résultats de l’examen ainsi que les prélèvements effectués. En avez-vous le droit ? Dans l’affirmative expliquez en les modalités. Dans la négative, expliquez en les raisons. Justifiez votre réponse.
    Réponse :
    Oui (4 )
    si l’examen se passe dans le cadre d’une réquisition judiciaire ( 2)

    Car la réquisition est une dérogation obligatoire et légale au secret professionnel:
    le rapport et les prélèvements sont transmis à l’autorité requérante. ( 1)

    Si la police ne vous remet pas de réquisition, vous devez préserver le secret professionnel (2 )

    L’accord des parents est une mauvaise réponse car ces derniers ne peuvent lever le secret professionnel incombant au médecin

    Total des points de la question : 9
Question 5
La jeune fille vous dit finalement, que l’agression date de 5 jours. Avez-vous encore une chance de retrouver des spermatozoïdes ? Justifiez.
    Réponse :
    Oui (4)
    Car ils persistent plusieurs jours dans le vagin (2)
    jusqu’à 5 à 7 jours (1)

    Total des points de la question : 7
Question 6
Si le laboratoire ne retrouve pas de spermatozoïdes, quelles pourraient en être les raisons ? Cela peut-il permettre de mettre en doute les dires de la jeune fille ? Justifiez
    Réponse :
    Réponse : l’absence de spermatozoïdes peut s’expliquer par le délai ( 1)
    une éjaculation rétrograde (1 )
    une azoospermie (1 )
    une éjaculation en d’autre lieu ( 1)
    la mise d’un préservatif (1)
    voire une absence d’éjaculation (1 )

    Non (2)
    ce n’est pas un critère de mise en doute, car l’absence de spermatozoïdes ne signifie pas l’absence de pénétration (2 )

    Total des points de la question : 10
Question 7
Vos opérations sont maintenant terminées. La police vous demande d’affirmer ou d’infirmer le diagnostic de viol. Que répondez-vous ?
    Réponse :
    Le viol n’est pas un diagnostic médical mais une qualification juridique (4 )
    En conséquence, on ne peut pas répondre à cette question en ces termes ( 1)
    On peut seulement affirmer la présence d’une déchirure hyménéale récente. (2 )

    Total des points de la question : 7
Question 8
La jeune femme vous expose sa crainte d’avoir contracté le SIDA. Etes-vous en droit de prélever un tube de sang sur l’auteur présumé des faits, en l’absence de consentement de sa part ?
    Réponse :
    Oui (4)

    car la loi stipule qu’à la demande de la victime ou lorsque son intérêt le justifie, cette opération peut être effectuée sans le consentement de l'intéressé sur instructions écrites du Procureur de la République ou du Juge d'Instruction, qui sont versées au dossier de la procédure. (4 )

    Total des points de la question : 8
Question 9
Quelle prise en charge médicale allez vous instaurer en urgence (en l’absence de résultats concernant le statut sérologique de l’auteur présumé des faits dans les 4 heures) compte tenu de la demande formulée par la patiente en question 8°) ?
    Réponse :
    pas d’indication de prophylaxie médicamenteuse contre l’infection par le VIH, car le délai de 48 heures est dépassé (donc inefficacité de la prophylaxie) ( 5)
    faire sérologies VIH, VHB et VHC, VDRL-TPHA, C. trachomatis, transaminases chez la patiente ( 2)

    si sérologie VHB négative, discuter sérovaccination préventive ( 2)

    surveillance : clinique + biologique (sérologies sus citées, transa) (2 )

    Total des points de la question : 11