Les prescriptions et la prise en charge : Les Professionnels médicaux et paramédicaux intervenant dans un programme de rééducation :

a) Le médecin

Le médecin a pour rôle de faire le diagnostic précis, de poser l'indication d'un programme de rééducation et d'appareillage éventuel. La prescription nécessite que soient fixés des objectifs précis qui permettront d'évaluer les résultats avec les thérapeutes.
Aucune prescription ne doit être faite sans diagnostic préalable.
Le médecin, (spécialiste, médecine physique et réadaptation ou non spécialiste), a la responsabilité de l'indication d'une thérapie rééducative.
Le thérapeute (kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute) a la responsabilité du choix des techniques et de leur mise en œuvre.

Le médecin généraliste est souvent confronté aux besoins d'un programme simple de rééducation au cours duquel il est en relation direct avec l'auxiliaire médical, par exemple avec le kinésithérapeute pour le traitement et la prévention des pathologies de l'immobilité chez un sujet âgé à domicile, la petite traumatologie, la bronchiolite du nourrisson, la lombalgie chronique…, ou avec l'orthophoniste pour la réalisation d’un bilan, la rééducation d’un bégaiement ou trouble de l'articulation de l'enfant… cf. Infra.

Le médecin spécialiste en MPR : la définition européenne stipule : "le médecin de Médecine Physique et de Réadaptation est le spécialiste qui a pour rôle de coordonner et d'assurer la mise en application de toutes les mesures visant à prévenir ou réduire au minimum inévitable, les conséquences fonctionnelles, physiques, psychologiques, sociales et économiques des déficiences et des incapacités".

b) Le Masseur Kinésithérapeute

Le Diplôme d’Etat de Masso-kinésithérapie s’obtient après 3 ans d’études spécialisées. Le Masseur Kinésithérapeute dispose d'une grande variété de techniques dont il faut connaître les principes et les définitions afin de les prescrire de façon adaptée aux besoins thérapeutiques et aux éventuelles contre-indications.

Les massages

Les massages nécessitent une réelle dextérité; aucune machine ne peut, ni ne doit, remplacer la main du thérapeute. Les massages ont principalement un rôle antalgique et décontracturant musculaire. Ils ont une place à part entière dans les traitements, en particulier les traitements de la douleur.
Les techniques de récupération d’amplitude articulaire :
Elles ont pour objectif de retrouver ou de maintenir les amplitudes articulaires normales, anatomiques ou parfois seulement les amplitudes fonctionnelles.

Les postures

C'est le maintien prolongé d'une articulation dans un secteur d'angle déterminé. Il faut en effet parfois exercer une contrainte prolongée sur une articulation.

Le renforcement musculaire

Les techniques de renforcement musculaire visent à obtenir une force musculaire maximum. Toutefois les objectifs et les programmes de rééducation seront très différents selon le contexte et selon que l'on recherche un retour à la normalité (dans une rééducation post-traumatologique), le dépassement de capacité antérieure (chez le sportif), ou plus modestement l'amélioration autant que possible de capacités motrices où la prévention de la dégradation musculaire en particulier dans les maladies inflammatoires ou neurologiques.
Le renforcement se fait par travail actif contre résistance, soit résistance manuelle du kinésithérapeute, soit contre une charge directe ou indirecte (système de pouliethérapie, isocinétisme).

Le travail proprioceptif

Les techniques de rééducation proprioceptive visent à stimuler et recruter tout le dispositif proprioceptif articulaire afin de l'intégrer dans un circuit de réponse motrice.

Les techniques sensorimotrices

Dans les affections neurologiques centrales, les techniques de renforcement musculaire ne sont jamais utilisées car le problème n'est pas celui de retrouver une force musculaire mais celui de retrouver un contrôle adapté, coordonné et finalisé, autant que possible épuré des mouvements anormaux. De plus, le renforcement moteur aggrave la spasticité. On utilise un ensemble de techniques dites sensori-motrices qui ont pour objectif de redonner au patient une motricité volontaire et automaticovolontaire la plus adaptée possible pour une autonomie fonctionnelle maximale.

Kinésithérapie respiratoire

Particulièrement utile et très efficace, la kinésithérapie respiratoire utilise des techniques visant à améliorer le flux ventilatoire et favoriser le désencombrement bronchique.
Kinésithérapie vésico-sphintérienne et périnéale (cf. module 15).
Kinésithérapie en rééducation des vertiges et des troubles de l'équilibre (cf. module 5)
Le biofeedback

Le principe du biofeedback (ou rétro-contrôle) est de donner au patient une information visuelle et/ou auditive sur une contraction musculaire ou une amplitude articulaire effectuée au cours d'un exercice, afin de l'aider à objectiver celle-ci, à en prendre conscience pour ensuite l'automatiser. Le biofeedback est particulièrement utilisé en rééducation périnéale et en rééducation de l'équilibre.

La physiothérapie

Ce terme désigne tous les traitements par agents physiques : chaleur, cryothérapie, électrothérapie.

La kiné-balnéothérapie

La rééducation en piscine (ou en bassin ou couloir de marche) présente deux avantages liés à l'apesanteur relative: diminuer les contraintes physiques au niveau des articulations et ainsi permettre un travail en atténuant les douleurs ; faciliter les mouvements des membres malgré des muscles déficients.

c) L’ergothérapeute

L'ergothérapie signifie la rééducation par les activités manuelles. Au moyen de celles-ci, la rééducation peut s’adresser soit à une déficience de la main et du membre supérieur en tant qu’organe de préhension, soit aux fonctions supérieures. L’ergothérapie inclut donc la rééducation du membre supérieur et des troubles neuropsychologiques, l'autonomie fonctionnelle, la réalisation de petits appareillages de main, et enfin, l'adaptation ergonomique et l'accessibilité de l'environnement pour réduire les handicaps.

d) L’appareillage ortho-prothétique

Définitions : une prothèse est un appareillage destiné à remplacer un organe manquant ou déficient ; une orthèse est un appareillage destiné à suppléer une fonction déficiente. On distingue grand et petit appareillages. Pour être pris en charge par les caisses d’assurance maladie ils doivent être inscrits au TIPS (tarif interministériel des prestations de santé).

e) L’infirmier

L’infirmier intervient souvent dans un programme de rééducation à des niveaux divers (soins, autonomie, rééducation vésico-sphinctérienne).

f) Les travailleurs sociaux

Le terme de travailleur social regroupe les assistants sociaux et les éducateurs.
Les assistants sociaux sont indispensables chaque fois que les déficiences entraînent une modification d’autonomie physique, sociale, financière…

g) Les orthophonistes

L’orthophonie concerne la rééducation de la voix, de la parole, du langage oral et écrit, et de la communication.

Formation
Les orthophonistes suivent une formation en 4 ans. La quatrième année comporte des stages professionnels et la réalisation d’un mémoire.

Population cible
La profession couvre une large population de la pédiatrie à la gériatrie. Le domaine d’exercice est vaste et touche différentes disciplines médicales.

Les bilans orthophoniques
Plusieurs évaluations peuvent êtres réalisées au cours de la même séance de bilan.
Les bilans concernent les secteurs suivants :

- voix
- tonicité et mobilité faciale et linguale
- phonétique (sons)
- parole (mots)
- langage (constructions, phrases) oral et écrit
- aptitudes au langage écrit (pré-requis de la lecture)
- aphasie, trouble mnésique
- communication

Le comportement d’ensemble, les capacités d’interaction et d’adaptation sont aussi évalués.

Prescription
Un bilan orthophonique comme une rééducation se font sur prescription médicale.
Une ordonnance mentionnant la rééducation à effectuer et le nombre de séances est remis au patient. En bas de l’ordonnance doit être mentionné le type d’AMO (Auxiliaire Médicale Orthophoniste) qui correspond à un codage du type et de la difficulté de la rééducation et qui conditionne le tarif de la séance (début 2002, 1 AMO = 2,35 € ).
Les séances de bilan et rééducation orthophonique sont prises en charge par la SS.

h) Les psychomotriciens

La rééducation psychomotrice consiste à rééduquer les fonctions tonique, statique et dynamique de l’ensemble du corps en fonction des codes gestuels, de la latéralité et des références au temps et à l’espace.

Formation
Les psychomotriciens suivent une formation en 3 ans.
La psychomotricité est la dernière des professions paramédicales créée. Le diplôme d’état date de mai 1988.
Comme l’orthophoniste, le psychomotricien a le statut d’auxiliaire de la médecine.

Population cible
La psychomotricité s’adresse essentiellement aux enfants et adolescents mais elle peut aussi s’adresser aux adultes (centre de réadaptation fonctionnelle, service de psychiatrie) ou aux personnes âgées.

La rééducation psychomotrice
Les domaines d’exercice de la psychomotricité concernent :

- les retards du développement psychomoteur
- les immaturités spécifiques
- les troubles neuropsychiatriques sévères (autisme, psychoses)
- le trouble hyperactivité (instabilité motrice, composante impulsive, déficit attentionnel)
- les inhibitions majeures
- les troubles anxieux

Le psychomotricien pratique des bilans qui sont éventuellement suivis d’une rééducation ciblée sur les difficultés. Comme le bilan orthophonique, le bilan psychomoteur participe à définir un projet thérapeutique pour le patient.
Le bilan psychomoteur vise à obtenir une description de l’état de l’évolution des mécanismes neuro psycho physiologiques grâce auxquels l’enfant s’adapte progressivement. Les épreuves concernent les différents types d’intégration et cherchent à déterminer les stades franchis (successions d’étapes dans le développement psychomoteur), les capacités et les difficultés dans des domaines essentiels pour une évaluation du niveau maturatif du sujet et des aptitudes neuromotrices. Il n’existe pas de bilan psychomoteur type le but étant d’évaluer le niveau psychomoteur du sujet en sélectionnant un certain nombre d’épreuves

Le bilan psychomoteur explore ainsi :
la motricité globale et dynamique, la motricité fine (gestes fins des extrémités), la coordination, le tonus statique et dynamique, les praxies (gestes), le graphique, la latéralité, le schéma corporel, la perception visuo-spatiale. Le comportement d’ensemble, les compétences interactives et les capacités adaptatives sont aussi explorés.

La rééducation psychomotrice utilise des méthodes variées : méthodes dynamiques, l’équilibre, les mouvements complexes de motricité globale et de motricité fine (mains, doigts), les répétitions gestuelles, le jeux, le graphique et dessin, l’eau, la relaxation et le contrôle tonique, la respiration …
La rééducation se fait au cours de séances individuelles ou en groupe.

Prescription
Le psychomotricien exerce sur prescription médicale que ce soit pour les bilans ou pour la rééducation.
Cependant, les actes de psychomotricité ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
Certaines mutuelles prennent en charge une partie des frais.
La prescription se fait en général pour une année à raison d’1 à 2 séances par semaine.

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