L’atteinte cornéenne est la première en date : la kératite ponctuée, sans manifestation fonctionnelle, bien visible à la lampe à fente (biomicroscope), est faite de lésions arrondies de ½ à 1 mm, sous-épithéliales, à la périphérie de la cornée, surtout dans sa portion inférieure. La confluence de ces éléments donne une kératite semi-lunaire avec taie en arc de cercle de la partie inférieure de la cornée. Parfois la taie grandit, envahit progressivement toute la cornée en remontant et se vascularise : c’est le pannus cornéen qui, lorsqu’il est bilatéral, entraîne la cécité.
Les lésions iriennes sont variées : simple atrophie irienne ; irido-cyclite aiguë ou chronique avec synéchies postérieures, source de glaucome ; pseudo-hypopion déterminé par les microfilaires souvent visibles dans la chambre antérieure et aboutissant parfois à la déformation piriforme de la pupille.

Visibles par l’examen du fond d’œil, elles évoluent en plusieurs stades : aspect pommelé de chorio-rétinite onchocerquienne, puis aspect tigroïde et, enfin, image de  boue desséchée et craquelée, réalisant la chorio-rétinite de Ridley. L’atrophie optique, parfois isolée, est le plus souvent associée aux lésions chorio-rétiniennes éventuellement cécitantes.

Qu’il s’agisse de lésions du segment antérieur par kératite ou par irido-cyclite ou de lésions du segment postérieur par atrophie optique isolée ou chorio-rétinite, la cécité est  possible et peut survenir tôt en cas d’infestation massive. Dans les villages de « première ligne » les plus proches des gîtes de simulies, les plus jeunes aveugles ont moins de 20 ans. L’onchocercose est souvent appelée la « cécité des rivières », elle est d’impact important en santé publique et économiquement, prétextes à la mise en route de programmes internationaux de lutte depuis 1970.

Kératites ponctuées
(Col D.Richard-Lenoble, M.Gentilini)

Choriorétinite dite de Ridley, atrophique et pigmentaire
(Col O.M.S.)

Les onchocercoses

Cliniquement il existe une forme de savane africaine plus cécitante que la forme de forêt et une forme cutanée hyper réactive à développement unilatéral, ou sowda, décrite dans un foyer du Yémen.

 

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