Sommaire

1 - Définition
2 - Agents pathogènes
3 - Clinique
4 - Diagnostic biologique
5 - Traitement


 

1 - Définition

La cryptococcose est une mycose cosmopolite due à une levure capsulée du genre Cryptococcus.
Elle survient habituellement chez les patients à risque : immunodéprimés (sidéens, hémopathies sévères), maladie de Hodgkin, corticothérapie, sarcoïdose, greffes d'organes.
La localisation clinique la plus fréquente et la plus grave est méningo-encéphalique.

 

2 - Agents pathogènes

2.1. Cryptococcus neoformans

- Cryptococcus neoformans (Cr. neoformans) est l'espèce la plus fréquente en pathologie humaine.
- C'est une levure saprophyte du milieu extérieur (fientes de pigeon, guano de chauve-souris) qui a un comportement d'opportuniste.
- La contamination se fait par inhalation de spores (primo-infection pulmonaire latente), beaucoup plus rarement par inoculation cutanée.
- C'est une levure ronde de 3 à 8 µm de diamètre, entourée d'une capsule mucopolysaccharidique.

Cryptocoques

- Absence de pseudomycélium,
- Pousse à 37°C sur milieu de Sabouraud sans Actidione®,
- Cryptococcus neoformans existe sous 2 variétés :

* Cr. neoformans var. neoformans : cosmopolite. Infecte les sujets immunodéprimés. Forme parfaite : Filobasidiella neoformans (sérotypes A – D).
* Cr. neoformans var. gattii : régions subtropicales (majoritaire en Afrique noire). Forme parfaite : Filobasidiella bacillispora (sérotypes B – C).

2.2. Autres Cryptococcus (Cr)

Cr. laurentii, Cr. albidus et Cr. uniguttulatus sont des exosaprophytes dont on ne connaît pas l'habitat de façon précise. Ils peuvent être à l'origine de rares infections superficielles (onyxis). Ces espèces ne poussent pas à 37°C.

 

3 - Clinique

La gravité de l'infection à Cryptococcus résulte des manifestations méningo-encéphalique évoluant sur un mode subaigu ou chronique. Les sidéens (CD4 < 100 mm3) sont particulièrement fréquemment infectés par cette levure.

3.1. Atteinte pulmonaire

- Habituellement asymptomatique
- Ou syndrome grippal guérissant spontanément
- Exceptionnelles formes pseudo-tuberculeuses ou pseudo-néoplasiques.

3.2. Atteinte neuro-méningée

- Début insidieux et progressif (plusieurs semaines à plusieurs mois)
- Céphalées
- Modification du caractère
- Paralysie de nerfs crâniens
- Puis syndrome méningé plus franc (céphalées, vomissements, raideur de nuque, fièvre)
- Ponction lombaire

* liquide clair
* formule mixte ou lymphocytaire (10 à 100/éléments/mm3)
* hyperprotéinorachie
* hypoglycorachie
* présence de cellules rondes avec capsule, par test à l'encre de Chine (levures)
* LCR peut être normal sur le plan cellulaire et chimique chez le sidéen.

3.3. Atteinte cutanée

- Lésions acnéiformes, pustuleuses, papuleuses, nodulaires ou ulcéronécrotiques.

Cryptocoques lésions cutanées

parfois atypiques, aspect de molluscum contagiosum.
- Résultent le plus souvent d'une dissémination hématogène (métastases),
- Principalement situées au visage et aux extrémités des membres,
- Absence d'adénopathies satellites,
- Association possible à des ulcérations des muqueuses.

3.4. Atteinte osseuse

- Aspect d'abcès froids, pseudo-tuberculeux
- Siège préférentiel au niveau des os plats et des vertèbres
- Ces abcès peuvent s'ouvrir à la peau.

3.5. Forme disséminée

- Tous les viscères peuvent être atteints : ganglions, rate, foie, moelle osseuse, prostate,
- Forme fréquente chez les sidéens,
- Cryptococcus neoformans est retrouvé dans le sang, les urines, le liquide de lavage broncho-alvéolaire, le LCR et dans les tissus (biopsies).

 

4 - Diagnostic biologique

4.1. Diagnostic mycologique

4.1.1. Examen direct des prélèvements

- Présence de levures capsulées après centrifugation, dans le LCR, les urines, les produits du lavage broncho-alvéolaire, le pus, les biopsies.

- Test à l'encre de Chine réalisable pour les liquides biologiques : met en évidence la capsule spécifique du genre Cryptococcus.

Examen direct microscopique (encre de Chine)

- Biopsie : colorations au Muci-carmin, bleu Alcian ou Fontana-Masson. Ces colorations colorent la capsule.

Cryptocoques anapath mucicarmin

- Le PAS et le MGG ne la colore pas.

Cryptocoques direct MGG

4.1.2. Culture et identification

- La culture est indispensable pour l'identification de l'espèce.
- Sur milieu de Sabouraud sans Actidione® (cycloheximide) auquel le genre Cryptococcus est constamment sensible.
- Pousse en 3 à 5 j. (parfois 3 semaines),
- Les colonies sont muqueuses d'aspect coulant ,de couleur beige,

Cryptocoques culture

- Utilisation possible de milieux sélectifs à base de graine de Niger (Guizotia abyssinica) qui favorise la pigmentation des colonies.
- Identification :

* présence d'une capsule (si elle est réduite, repiquer sur milieu maltosé)
* pousse à 37°C (Cr. neoformans, Cr. neoformans et sa var. gattii)
* uréase +
* auxanogramme des sucres (galactose, tréhalose et inositol positifs)
* présence d'une phénoloxydase

4.1.3. Diagnostic indirect : recherche de l'antigène circulant

- L'antigène capsulaire peut être mis en évidence dans le LCR, le sérum, les urines, le LBA par un test d'agglutination.
Ce test utilise des particules de latex sensibilisées par des anticorps anticryptocoques (anticorps polyclonaux de lapin dirigés contre des polysaccharides capsulaires des 4 sérotypes de Cr. neoformans). Ce test est fait systématiquement chez les sidéens (CD4 = 50 mm3). Permet la surveillance des rechutes.
- La recherche des anticorps manque de fiabilité car les patients sont immunodéprimés.

 

5 - Traitement

- La cryptococcose avec atteinte méningée est traitée par une association d'amphotéricine B (Fungizone®) (0,7 à 1 mg/Kg/j), 5 fluorocytosine (5 FC) (100 mg/Kg/j).
- Durée du traitement : 14 j. si l'évolution est bonne.
- Relais par fluconazole (Triflucan®) 400 mg/ j – 2 mois puis 200 mg/j en traitement d'entretien.
- Ou relais par itraconazole (Sporanox®) 400 mg/j puis 200 mg/j.

Genre Cryptococcus

 

 
Dernière mise à jour : 07/03/2006