Définition

Une érosion se définit comme une perte de substance superficielle, épithéliale, mettant plus ou moins à nu la partie superficielle du chorion. Elle est souvent post-vésiculeuse, post-bulleuse ou post-traumatique et guérit généralement sans cicatrice.

Une ulcération, plus profonde, intéresse le chorion moyen et profond avec des risques de cicatrice.

Le nom de chancre est réservé à une érosion ou ulcération de nature infectieuse provoquée par la pénétration d'un microbe spécifique (tréponème, bacille de Ducrey).

Le diagnostic

Le diagnostic d'une ulcération ou d'une érosion est clinique et le diagnostic de la cause peut nécessiter d'autres examens complémentaires.

¤ Interrogatoire

L'âge, les antécédents personnels (facteurs de contact, épisodes antérieurs similaires, possibilité de MST, voyages, prise médicamenteuse), la notion de signes fonctionnels (douleur ou prurit) et de signes associés éventuels (complication uro-génitale, adénopathies douloureuses on non) doivent être précisés.

La durée et l'évolution (aiguë ou chronique) sont des éléments d'orientation essentiels, ainsi que la notion de récurrence.

¤ Examen clinique

La lésion elle-même est caractérisée :
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par son caractère primaire ou secondaire (succédant à une autre lésion) ;
- par son caractère souple ou induré, inflammatoire ou non, nécrotique ou non, infecté (suintement, pus) ou non ;
- par sa topographie, sa taille et son nombre : l'examen des autres muqueuses et de tout le tégument est requis.

L'examen général est dirigé par l'anamnèse et l'aspect lésionnel, vers la recherche d'adénopathies, d'une affection uro-génitale, de lésions ORL ou de toute symptomatologie associée suggestive d'un tableau infectieux ou syndromique.

¤ Examens complémentaires

L'anamnèse et l'étude clinique permettent de limiter les examens au strict nécessaire dans le registre suivant :
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prélèvements locaux dans une hypothèse infectieuse : examen direct (en particulier microscope à fond noir pour un chancre syphilitique) et cultures (virologique, bactériologique), au besoin sur une adénopathie satellite ;
- examen cytologique (cyto-diagnostic) ou histologique (biopsie) avec éventuellement examen en immunofluorescence directe ;
- sérodiagnostics d'infections bactériennes ou virales : en dehors du sérodiagnostic de la syphilis, ils sont demandés au cas par cas, en fonction du diagnostic envisagé.


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