Évolution

1. Pronostic

L'ulcère variqueux évolue en règle favorablement sous couvert d'un traitement étiologique et local bien conduit.

L'ulcère post-phlébitique est plus rebelle en raison notamment des troubles péri-ulcéreux associés souvent importants, des perturbations hémodynamiques et de la difficulté d'un traitement étiologique parfois.

L'ulcère artériel est de bon pronostic si un traitement étiologique est possible (pontage, dilatation...). Dans le cas contraire, le pronostic est dominé par la gravité du processus athéromateux. Dans les tableaux évolués ou après des phénomènes ischémiques aigus, la décision d'amputation du membre est parfois nécessaire devant l'importance de la douleur, le risque septique (gangrène gazeuse) et les risques de décompensation rénale par hypercatabolisme.

2. Complications

Les dermites de contact

Elles sont fréquentes dans les ulcères de jambe en raison du grand nombre de produits topiques utilisés dans cette affection chronique. Elles se manifestent sous forme d'un érythème vésiculeux, prurigineux, limité au début à la zone d'application du produit mais pouvant diffuser à distance par la suite. Le diagnostic différentiel avec une dermite de stase est parfois difficile en raison de l'intrication fréquente des deux mécanismes. Les principaux allergènes en cause sont le baume du Pérou, la néomycine, certains antiseptiques, la lanoline, les parfums et les conservateurs... Le diagnostic étiologique repose sur la réalisation de tests épicutanés (cf. chapitre eczéma de contact).

La surinfection microbienne

La présence de germes sur un ulcère est un phénomène non pathologique et ne justifie pas de prélèvements bactériologiques ni de traitements antiseptiques ou antibiotiques systématiques. Cependant, dans certains cas, l'ulcère peut représenter la porte d'entrée d'une infection cutanée patente. Il peut s'agir d'un érysipèle (cf. chapitre érysipèle), d'une fasciite nécrosante, d'un tétanos (prévention systématique par vaccination chez les malades non immunisés), d'une gangrène gazeuse (anaérobies) au cours des ulcères artériels.

Les lésions ostéo-articulaires

Les troubles vasculaires sont aussi à l'origine de modifications ostéoarticulaires très fréquentes. Il peut s'agir d'une périostite puis d'une ostéopériostite aboutissant à l'ankylose de la cheville. De plus, les positions antalgiques sont souvent à l'origine d'attitudes vicieuses parfois très difficiles à corriger.

L'hémorragie

Elle survient souvent dans le cadre d'ulcères veineux. Elle est spectaculaire mais une simple compression prolongée est généralement suffisante pour la traiter.

Survenue d'un carcinome épidermoide

Elle est rare mais non exceptionnelle. Les signes qui doivent y faire penser sont : la chronicité de l'ulcère sans aucune amélioration malgré un traitement bien conduit, l'apparition de douleurs, l'hémorragie locale et le bourgeonnement excessif. Il peut être difficile de distinguer un ulcère cancérisé d'un cancer cutané primitif d'aspect ulcéreux.


Retour cours